Il existe des artistes qui cherchent le moment.
Et d’autres qui prennent le temps.
Le parcours de Marcu Biancarelli appartient à cette seconde catégorie : celle des chemins longs, patients, silencieux parfois, mais profondément cohérents.
Un parcours où l’on ne court pas après la reconnaissance, mais où l’on construit une voix — au sens le plus noble du terme.
À 50 ans, Marcu Biancarelli n’arrive pas.
Il s’affirme.
Une voix née dans la transmission
Né à Portivechju (Porto‑Vecchio), Marcu grandit dans une Corse où le chant n’est pas un décor culturel, mais un langage vital. On y chante pour transmettre, pour rassembler, pour tenir debout. La voix y est mémoire autant que présence.
Très jeune, il entre dans cet univers avec respect et exigence.
À seulement seize ans, il enregistre un premier disque de chants sacrés.
Un geste fondateur, qui dit déjà l’essentiel : chez lui, la musique ne sera jamais superficielle.
Le collectif comme école de vie
Plutôt que de s’imposer seul, Marcu choisit le collectif.
Pendant plus de trois décennies, il met sa voix au service de groupes qui comptent dans l’histoire musicale corse.
Avec Surghjenti, il participe à l’une des grandes aventures de la polyphonie insulaire. Là, la voix se confronte au sacré, à l’acoustique brute, au silence. Chaque note engage l’interprète tout entier.
Avec Cinqui Sò, il découvre l’itinérance. Les tournées, les scènes étrangères, les publics qui ne parlent pas la langue mais ressentent l’émotion. La Corse voyage, portée par les voix.
Avec Avretu, il revient à une forme plus directe, plus proche des gens. Des concerts à hauteur d’homme, où l’on chante pour partager, pas pour impressionner.
Ces années forgent un artiste solide.
Un artiste qui apprend à écouter autant qu’à chanter.
Un artiste qui comprend que la justesse compte plus que la visibilité.
Une trajectoire humaine avant tout
Ce qui frappe dans le parcours de Marcu Biancarelli, ce n’est pas l’accumulation de dates ou de scènes. C’est la cohérence humaine.
Il n’a jamais quitté ce qui le fonde : la langue, la culture, la transmission.
Il s’engage dans des projets culturels, pédagogiques, éditoriaux. Il participe à faire vivre une création corse contemporaine, ancrée mais ouverte.
Son parcours n’est pas celui d’une ascension.
C’est celui d’une fidélité.
Le moment juste
Puis vient un âge où l’on sent que quelque chose peut — et doit — changer.
Après plus de 35 ans de chant partagé, Marcu ressent le besoin de parler à la première personne.
Non par ego.
Mais par nécessité.
En 2025, il sort A Musa, son premier album solo.

Un disque sobre, profond, habité.
Douze titres (+ un bonus), sans artifices inutiles.
Une voix qui n’a plus besoin de prouver, mais simplement de dire.
A Musa est un album de maturité.
Un album où l’on entend l’homme autant que le chanteur.
Un album qui prend le temps — comme son auteur.
Commencer, enfin
Dire qu’à 50 ans l’aventure commence n’est pas une posture.
C’est un constat.
Parce que tout ce qui précède — les groupes, les routes, les silences, les rencontres — a construit les fondations. Parce qu’il fallait ce temps-là pour que la voix trouve pleinement sa place.
Marcu Biancarelli incarne une autre idée de la réussite artistique.
Une réussite qui ne se mesure pas en vitesse, mais en densité.
Pas en exposition, mais en profondeur.
Pour aller plus loin
Olivier Balbinot a récemment publié sur Instagram un portrait vidéo retraçant le parcours de Marcu avec justesse et sensibilité.
Il permet de voir, d’entendre, de ressentir ce que les mots ne disent pas toujours et surtout de découvrir le lien entre Marcu Biancarelli et Eric Clapton.
👉 La vidéo est aussi à découvrir sur facebook.

