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    Marina Luciani : de Corte à la scène internationale

    Pierre-MichelBy Pierre-Michel18 février 2026Un commentaire7 Mins Read
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    De Corte aux scènes européennes, Marina Luciani construit un parcours sensible et cohérent, où le piano devient à la fois langage intime, outil de transmission et espace de création.

    Une enfance à Corte, entre isolement et découvertes

    Dans les années 1990, grandir à Corte n’avait rien d’évident pour une enfant qui rêvait de musique. Marina Luciani le raconte sans détour : à Corte, « il n’y avait pas un grand choix ».

    La vie culturelle y était limitée et les trajets vers le conservatoire se faisaient par l’ancienne route. L’isolement se ressent même dans les programmes télé. Jusqu’au milieu des années 1990, à la télé, « il n’y avait que la 1, la 2 et la 3 ».

    Quand elle arrive pour la première fois au conservatoire de Bastia, la jeune Marina a l’impression de découvrir « Los Angeles ».

    « Je prenais la vieille route avec mes parents pour aller au conservatoire, et Bastia c’était Los Angeles pour moi ».

    Dans cet environnement à la fois protégé et restreint, le piano devient une fenêtre sur le monde. La jeune Marina apprend très tôt que jouer signifie travailler autant que rêver. Cette relation intime à l’instrument ne la quittera plus.

    Quitter l’île et étudier : de Bastia à Marseille

    La famille ne voyageait guère, et avant l’adolescence Marina ne prit l’avion et le bateau qu’une seule fois. Pourtant, pour poursuivre ses études musicales et théoriques, elle finit par quitter l’île.

    L’arrivée à Marseille est un choc. Débarquant au petit matin, elle est frappée par les lumières du port et la taille de la ville. Marina compare cette découverte à celle « d’un Indien dans la ville », avec humour et émerveillement.

    Marina commence le piano à sept ans au conservatoire de Corse, puis au conservatoire de Marseille. En parallèle, elle suit les cours de musicologie à l’université d’Aix‑en‑Provence et décroche un master. Ce double cursus répond à une conviction : plutôt que de ne penser qu’à la scène, elle choisit d’associer l’interprétation à la pédagogie.

    « Le cursus pour être concertiste est ultra difficile, il y a très peu d’élus. En suivant ce double cursus, je me suis laissé une porte de sortie pour assurer mes arrières. »

    Ce choix de ne pas se consacrer uniquement à la carrière soliste lui permettra plus tard de transmettre à son tour et d’explorer d’autres formes d’expression.

    Instants : un premier album en mosaïque

    Après des années consacrées à l’interprétation et à l’enseignement, Marina ose la composition. Son premier album, Instants, sorti en 2025, est décrit comme une « mosaïque d’émotions capturées comme des photographies ».

    « Ce sont vraiment des photographies sonores de moments de vie… c’était le piano qui parlait avant que moi je réfléchisse ».

    Les morceaux naissent souvent au hasard d’une journée : au réveil, à midi, voire au milieu d’un cours. Elle n’hésite pas à interrompre quelques minutes son enseignement pour enregistrer une idée qui surgit. Ce sont des pièces courtes, improvisées, qu’elle ne sur-travaille pas. Même lorsqu’une mélodie plus sombre apparaît en plein été, comme pour la pièce « Troubles », elle la laisse telle qu’elle est.

    La pochette du disque est faite de petites mosaïques, reflet visuel de ces instants juxtaposés. Chaque pièce porte un titre qui correspond à un état d’esprit : ainsi, le sombre « Troubles » évoque une tempête hivernale, tandis que « Troubles 2 » renvoie à la renaissance du printemps, plus lumineux. L’artiste explique qu’elle ne cherche pas à imposer une histoire, mais à offrir des fragments d’émotion que chacun peut interpréter selon sa sensibilité. Instants capture ainsi l’authenticité de son jeu et de ses émotions, sans recherche de perfection lisse, et témoigne d’une approche très personnelle de la composition.

    Enseigner et jouer : la pédagogie et la scène

    Transmettre fait partie intégrante de l’identité musicale de Marina. Dès ses premiers postes, elle se retrouve face à des enfants très jeunes, certains n’ayant que quatre ans. Pour leur enseigner, elle se forme à la méthode Yamaha, une pédagogie japonaise destinée aux tout‑petits. Elle suit cinq ou six sessions à Paris et obtient un diplôme spécifique. Cette méthode, dit‑elle, lui donne « les clés pour apprendre aux enfants de quatre ans ». Elle l’enseigne pendant quinze ans et constate avec bonheur que ses élèves, devenus grands, la contactent encore aujourd’hui pour lui demander des partitions.

    « Je n’avais jamais travaillé avec des enfants si jeunes… la méthode Yamaha m’a donné les clés ».

    La pédagogie Yamaha est très reconnue au Japon mais ne l’est pas en France. Pour enseigner en conservatoire, Marina obtient donc un Diplôme d’État de professeur de musique. Après quinze années au CMAP d’Aix‑en‑Provence, où elle a formé de nombreux élèves et développé ses propres méthodes d’éveil musical, elle décide en 2019 de revenir en Corse.

    Désormais basée à Bastia, elle enseigne au Conservatoire de Corse, poursuit l’écriture et l’interprétation, avec un emploi du temps plus personnalisé.

    Un parcours scénique riche

    Parallèlement à l’enseignement, Marina a longtemps été musicienne accompagnatrice. Elle s’est produite en concert en soliste et en musique de chambre à Marseille – au Palais des Congrès, au Consulat d’Italie et au Théâtre de Lenche – ainsi qu’en Corse.

    Sa carrière sur scène l’a amenée à collaborer avec de nombreux artistes insulaires, notamment le chanteur Laurent Bruschini, les chanteuses Doria Ousset et Patrizia Gattaceca, et le musicien Michè Dominici.

    De retour en Corse, elle continue de partager la scène avec ces artistes lors de tournées en Corse et sur le continent. Ces expériences nourrissent sa pratique et irriguent sa propre écriture.

    Un souffle international et une anecdote bruxelloise

    La scène n’a pas de frontières pour Marina. En mars 2026, elle s’envolera pour Naples afin d’accompagner la chanteuse Patrizia Gattaceca dans un projet mêlant musique et photographie italienne. Avant cela, elle avait déjà foulé de nombreux plateaux européens.

    Avec Doria Ousset, elle a remporté en 2022 le concours Liet International, une sorte d’Eurovision des langues minoritaires, à Tønder, au Danemark.

    Cette victoire leur a valu une invitation au Parlement européen de Bruxelles. Accompagnée de trois musiciens, elle a fait entrer son piano dans l’institution et, après les contrôles de sécurité et les badges obligatoires, a pu jouer devant les parlementaires.

    « On a fait rentrer ce piano dans le Parlement, c’était génial… surtout qu’au Parlement tu ne rentres pas comme ça, il faut le badge, le machin, le truc »

    L’artiste avoue avoir pris quelques photos malgré l’interdiction : cette journée reste pour elle une expérience hors du commun.

    Dans la même veine, Marina s’est aussi produite à Vienne, lors d’un concert européen Yamaha, et à Monaco, confirmant une ouverture internationale qui complète son ancrage insulaire.

    Vers l’album de 2026

    Après Instants, Marina se lance dans un cycle de compositions plus construites. Son premier extrait, Ballu d’inguernu, paru en janvier 2026, est une valse en trois temps.

    Contrairement aux pièces d’Instants, elle a pensé ce morceau « pour qu’il évoque les flocons, la neige », avec une tonalité mineure et un caractère hivernal.

    Ce nouveau projet comptera neuf pièces et sortira à l’automne 2026. Marina souhaite travailler chaque composition comme une couleur distincte, explorer différentes influences et donner à son piano un côté plus éclectique. Tous les nouveaux titres porteront des noms corses, car « j’aime ma langue et je veux l’affirmer ».

    L’artiste a également annoncé qu’un deuxième morceau, Carezza, sortirait en avant‑première sur K’SCOLTA fin février, comme un nouveau clin d’œil à ce projet en cours.


    Du village enclavé de Corte aux salles de Marseille, Marina Luciani a construit un parcours où la musique est à la fois refuge, langage et outil de transmission. Pianiste et professeure, elle a choisi de concilier scène et enseignement, convaincue que l’un nourrit l’autre. Son premier album Instants témoigne de sa volonté de saisir des émotions brutes, sans artifices, quand son nouveau projet promet un univers encore plus travaillé, coloré et ancré dans sa langue corse. Fidèle à ses racines mais ouverte au monde, elle poursuit son chemin, attentive aux instants et déterminée à les partager.

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