Chez Yoann Casanova, il n’y a pas de trajectoire parfaitement lisse. Il y a des étapes, des détours, des remises en question. Et une phrase qui résume tout :
« Je me suis perdu, et c’est parce que je me suis perdu que je me suis trouvé. »
À 31 ans, l’artiste bastiais parle de son parcours avec lucidité. Avant la musique à plein temps, il y avait une autre vie : celle de pompier volontaire. Sept années à la caserne, au contact direct des gens et de la réalité.
« C’était le seul métier que je me voyais faire quand j’étais plus jeune. Vivre de la musique ne m’avait même pas effleuré l’esprit. »
Cette période l’a marqué. Pas seulement humainement, mais profondément.
« Quand on fait ce métier, on se rend compte de beaucoup de choses sur la vie. J’ai compris que j’aimais vraiment rendre service. »
Aujourd’hui, il dit exercer autrement.
« Je sais que la musique peut aider, réconforter, parfois même soigner. »
Le déclic plus fort que l’échec
Son premier passage à The Voice ne débouche sur rien de concret. Mais il en ressort transformé.
« À la fin de ma prestation, je me suis dit : je veux faire ça toute ma vie. »

Pas de colère. Pas d’amertume. Juste une décision.
Il quitte tout pour se former à Nancy. Il veut progresser, apprendre, travailler. Il ne parle pas de revanche.
« Je voulais devenir un meilleur chanteur, un meilleur musicien, un meilleur artiste. »
Quelques années plus tard, il revient dans l’émission. Cette fois-ci, il ira jusqu’en finale. L’exposition change d’échelle. Le public le découvre. Les scènes s’enchaînent.
Mais intérieurement, il garde la même posture.
« Je me considère toujours en apprentissage. Je garde cette mentalité : me dire que je ne sais rien, pour en savoir davantage. »
Le moment de doute
L’après The Voice est moins simple qu’il n’y paraît. Signé, entouré de professionnels, il tente de comprendre les règles du jeu.

Et à un moment, il se rend compte qu’il s’éloigne.
« J’ai fait de la musique dans le but de plaire. Je pensais que c’était ça le métier. »
Avec le recul, il tranche.
« Pour moi, on ne doit pas créer pour plaire. L’art n’a jamais été fait pour ça. »
Ce passage par l’erreur devient nécessaire. Il lui permet de redéfinir ce qu’il veut vraiment faire.
Retrouver le plaisir
Ce recentrage donne naissance à un nouveau souffle. Plus instinctif. Plus direct. Plus aligné.

« J’avais besoin de retrouver du plaisir. De rejouer en groupe, de m’enfermer dans mon studio et de jouer des heures sans pression. Juste vibrer. »
Le rock, présent depuis toujours dans ses influences, reprend sa place. L’anglais s’impose dans ses textes.
« Ma sensibilité musicale est anglophone. J’ai osé écrire des choses que je n’aurais peut-être pas écrites en français. »
Ce nouveau chapitre porte un nom : Electra. Un projet qu’il décrit comme un électrochoc personnel.
« Cet album est la forme la plus sincère de ma musique. C’est ma liberté totale. »
Une quête permanente
Malgré le parcours, il ne parle pas d’aboutissement.
« Je ne peux pas dire que je suis enfin à ma place. Je n’ai pas encore accompli ce que je veux accomplir. »
La musique reste une quête, pas une destination.
Et quand le doute revient ?
Il sourit.
« Ça m’arrive d’avoir une journée down. Mais je sais que je ne peux pas faire autre chose que de la musique. Je suis fait pour ça. Alors je tiens bon et je me bats. »
Se perdre n’a pas été un accident.
C’était une étape.

