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    Les Artistes

    Warria Magda : être femme dans la musique

    Pierre-MichelBy Pierre-Michel8 mars 2026Aucun commentaire13 Mins Read
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    À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, nous avons rencontré Warria Magda, duo féminin insulaire à l’univers bigarré et inclassable.
    Plus qu’un projet musical, leur aventure est un espace partagé de liberté, d’expérimentation et de joie — entre cabanes magiques Corses et scènes Californiennes.

    Une conversation parfois sensible, parfois lucide, mais surtout lumineuse, garantie 100% sans IA. À lire en écoutant quelques morceaux de leur EP disponible sur K’SCOLTA.

    Mieux connaître Warria Magda

    Pour celles et ceux qui vous découvrent, comment décririez-vous votre univers ?

    Warria Magda, c’est peut-être comme pour beaucoup d’élans créatifs, une utopie, comme une île rêvée où nos corps et nos esprits joyeux seraient libres de faire groover les idées, nourrir nos idéaux, et partager un son nourricier pour aller vers… vers un monde meilleur tout simplement.

    L’envie de ce duo est née à un instant où nous nous racontions nos deux parcours solos au fond d’un café, en soulevant l’aridité que peut revêtir parfois des tournées solitaires. Tout à coup l’idée de créer un univers partagé nous a paru un joyeux possible, de s’offrir en parallèle de nos quêtes artistiques respectives, un espace d’expérimentations ludiques et fantaisistes. Et c’est comme ça que nous avons créé le groupe : plutôt que de répondre à une carte blanche en solo pour le Loopfest de SantaCruz en Californie, banco, nous partions à deux !

    C’est sûrement pour cette raison que la musique que nous créons ensemble est bigarrée, s’amuse à piller différents styles sans se préoccuper de pouvoir nous ranger dans une étagère particulière. Parce que la raison d’être de ce duo est d’abord de suivre le fil de la joie dans ce monde pluvieux et pourquoi pas, de changer d’identité autant de fois que ça nous chante. Un univers en mouvement, qui aime les couleurs vives et le choc entre les esthétiques.

    Comment travaillez-vous à deux ? Qui fait quoi dans le processus de création ?

    Plutôt bien, merci.

    Mais il n’y a pas de distribution claire des rôles, puisqu’on est deux autrices, deux compositrices, deux chanteuses, deux instrumentistes. Un joli bazard ! On ne peut pas se fier à nos casquettes, on n’arrête pas de changer de chapeau…

    Donc ça dépend des jours : parfois l’une écrit les voyelles, l’autre les consonnes. Ou alors l’une amène une ligne de basse et l’autre un poème, et paf la rencontre entre les deux peut créer une étincelle.

    Certaines périodes l’une est déprimée et l’autre lui ramène une cargaison de petits sons comme on ramène des bonbons un jour d’hiver. Il y a des fois, après quelques mois où chacune est allée ramasser du bois dans sa colline, où l’on se retrouve et s’enferme quelques jours dans une cabane magique. Là, on met toutes ces trouvailles dans un chaudron et on laisse les étoiles nous inspirer dans des longues sessions improvisées. On enregistre tout, et quand un truc se passe, impalpable mais bien réel puisqu’on l’a senti toutes les deux, on peut réécouter et décortiquer ces petits moments de grâce. Il en ressort généralement pas mal de nouvelles nées, des chansons toutes fraîches qu’il faut ensuite structurer, rendre présentables et surtout rejouables sur scène une fois la cabane refermée.

    Récemment, on a aussi nommé le fait que celle qui amène un texte, une mélodie, une idée derrière la tête, devient chef de chantier, ou directrice artistique si vous voulez : celle qui tranche sur les choix à faire. Ce qui n’empêche pas l’autre d’étoffer l’idée, proposer une mélodie, un texte, mais ça évite d’étioler l’élan initial et de se perdre dans le labyrinthe des compromis.

    Les langues, les sons, les textures occupent une place centrale. Que cherchez-vous à provoquer chez l’auditeur ?

    Warria Magda chercherait à provoquer quelque chose ? Si elle cherche quelque chose, c’est surtout à explorer, à se faire surprendre elle-même, à trouver un combo son-images-mots qui lui font naître intérieurement des nouveaux paysages. Et de mettre ces paysages en partage, comme on dresse un banquet.

    Pour se faire rêver aussi, se faire des films à petits budgets mais à gros potentiel onirique. C’est l’avantage de créer à partir du son : on peut bâtir des mondes très élaborés à partir des seules vibrations de l’air.

    C’est ça, pas de limites, pas de frontières, et on se permet même de chanter dans des langues qu’on ne parle pas, ou même qui n’existent pas ! Chaque langue révèle une autre facette de la voix, de soi, d’une perception du monde.

    La scène semble très importante pour vous. Qu’est-ce que le live change dans votre musique ?

    Ah, la vie vivante, c’est peut-être ça le cœur de nos préoccupations. Partager ces espaces sonores, vibrer ensemble concrètement avec le public, c’est le moment où ce qu’on se raconte dans nos cabanes magiques peut se remettre à exister.

    On n’a pas rêvé ! Oui, dans ce monde de brutes, on peut créer de nos petites mains des îlots d’amour et des territoires partagés, comme ça, juste pour se faire du bien.

    Votre EP Le Déluge? posait déjà un univers fort. Où en êtes-vous aujourd’hui artistiquement ?

    Après avoir mené Le Déluge? et son répertoire jusqu’à un aboutissement, après pas mal de concerts, on a eu besoin de laisser la terre en jachère un moment. Chacune avait aussi besoin de consacrer du temps à des quêtes plus personnelles.

    Et après un an, une nouvelle aube commence à poindre. Le désir de mélanger de nouvelles couleurs sonores, d’aller encore plus loin dans l’expérimentation ludique. L’envie aussi de déployer des moments purement instrumentaux, d’enrichir les partitions rythmiques. Du coup on a tout doublé : on a maintenant deux synthés, deux loopers, 4 micros.  On garde aussi la basse, on ajoute un pad pour la ryhtmique, bref, on ne se refuse rien. Nous voilà reparties pour une jolie saison de cabanes magiques !

    Nous avons eu la joie de présenter 4 nouvelles nées au public ajaccien en clôture d’une résidence de création à l’Espace Diamant début février. D’autre graines sont en train de germer, et nous imaginons commencer à reprendre le chemin de la scène dans quelques mois, quand toutes ces pousses seront arrivées à maturité.

    Être femme dans la création artistique

    Être un duo 100% féminin aujourd’hui, est-ce un acte artistique, politique… ou simplement naturel ?

    À deux femmes, ça fait plutôt 200% féminin non ? Ou alors, c’est un tiers des combinaisons pour un duo… 

    Avez-vous déjà ressenti qu’on vous regardait différemment parce que vous êtes des femmes ?

    On pourra vraiment vous répondre quand on aura été des hommes, ou des oiseaux.

    Dans vos projets passés (rock, électro, expérimental), avez-vous constaté des biais ou des plafonds invisibles ?

    Le plafond qu’on rencontre souvent, c’est surtout celui du manque de confiance en soi. Or c’est une maladie qui s’est tellement bien répandue dans nos lignées de femmes, et depuis longtemps, que ça devient alors un vrai sujet collectif. Pas un étendard, mais plutôt une résonnance d’expériences, de goûts dans la bouche, qui fait qu’on peut s’accompagner à nourrir, à guérir cette confiance, à la faire grandir ensemble.

    Pensez-vous que la scène alternative laisse plus de place aux femmes que la scène “mainstream” ?

    Est-ce que la question est vraiment celle du genre ? Ou celle de la place qu’on laisse à des personnalités qui ne se coulent pas dans une case pré-établie, des identités codifiées, confinées. Il y a eu dans la scène « mainstream » beaucoup de « femmes », mais qui ont dû se couler dans les attentes de regards d’hommes qui avaient le pouvoir de décision. Et ces attentes sont parfois tellement intériorisées que nous nous débattons encore nous-mêmes à déconstruire de vieux réflexes séculaires de répondre à des attentes. La scène alternative laisse sûrement plus de place à ce qui se définit par lui-même, ou même ne se définit pas, au biscornu, à ce qui n’existe pas encore, et se nourrit même de ces identités brumeuses et multiples. Quoique,  aujourd’hui, le mainstream semble avoir intégré à ses vedettes des femmes surprenantes, en pleine puissance. Tout n’est pas si simple…

    Est-ce que vous avez déjà dû “vous imposer” dans des environnements majoritairement masculins (technique, prod, ingé son…) ?

    C’est vrai que c’est un milieu particulièrement masculin, et c’est pour ça qu’onchoisit méticuleusement les hommes avec qui ont choisi de travailler ! Pour leur finesse et le chatoiement de leur âme, par exemple. C’est sûr que ça ne vaccine pas de se retrouver parfois confrontées à des « hé ouais, ça c’est pas du son pour les petites natures » certains soirs où nos oreilles ont saigné tellement le son était agressif. Mais la force tranquille est une vague puissante qui finira bien par faire advenir l’aube d’une humanité au cœur libre et généreux !

    Corse vs USA

    Vous avez joué en Californie. Avez-vous ressenti une différence dans la manière dont les artistes femmes sont perçues ?

    Les femmes que nous avons rencontrées lors de notre voyage étaient souvent seules sur scène et très indépendantes à tout niveau, notamment technique. Elles étaient certes moins nombreuses sur scène mais, nous semblait-il, considérées avec autant d’égard et de sérieux que les musiciens hommes.

    Le public américain est-il plus ouvert, plus engagé sur ces questions ?

    Difficile de généraliser après seulement 3 semaines de voyage en Californie qui est un état un peu « à part » comparé au reste des Etats-Unis. C’est l’état de « tous les possibles », terre d’exploration et d’avant-garde. Berceau de la beat génération et actuel siège de la Silicon Valley. Ici, l’audace, la créativité et l’esprit d’initiative sont rois. Et hommes et femmes semblent considérés sur un pied d’égalité dans ces domaines. On s’y sent libre, ça fait un bien fou. Mais est-ce représentatif des Etats-Unis, rien de moins sûr.

    En Corse, la scène musicale est encore très marquée par certaines traditions. Est-ce que cela influence la place des femmes ?

    Certainement, mais les choses bougent petit à petit et les nouvelles générations de femmes artistes corses s’octroient de plus en plus le droit de s’emparer du flambeau de la tradition tout en créant leurs propres voies et c’est très prometteur.

    Est-ce que l’insularité renforce certaines dynamiques… positives ou plus conservatrices ?

    L’insularité est une sorte de pharmakon, dans le sens que lui donnait le philosophe Bernard Stiegler. C’est à la fois un remède à la déshumanisation du monde, une terre qui protège et soutien ses artistes d’une manière exceptionnelle, où la musique et la poésie ont une place presque sacrée. Et aussi un poison, en ce sens qu’elle nous isole parfois de la réalité du milieu professionnel musical.

    Sauf à créer une musique spécifique à la Corse, comme la musique trad ou la polyphonie, personne ne nous attend vraiment sur le continent.

    Alors on apprend à orienter son désir vers les belles choses que nous proposent l’île comme des lieux de résidence de création majestueux, et à construire sa dynamique de travail sur cette vague.

    Si vous deviez résumer : où est-il plus facile d’être une artiste femme aujourd’hui ?

    Il est plus facile d’être une femme artiste aujourd’hui là où il est plus facile d’être une femme tout court. Et vice-versa !

    Votre position personnelle

    Qu’évoque le nom “Warria Magda” ?

    C’est en effet un clin d’œil à Marie-Madeleine, Maria-Magda auquel nous avons renversé le M pour lui offrir le W de Warrior (guerrière en anglais) afin de lui rendre sa puissance personnelle.

    Symboliquement, c’est une façon pour nous de rendre hommage à toutes les femmes de l’histoire dont les vies ont été écorchées et contées par un tiers souvent impartial, et de leur rendre le pouvoir sur leur récit.*

    Vos textes abordent-ils consciemment des thèmes liés au corps, à la liberté, à la parole féminine ?

    Ces sujets animent notre réflexion et nos échanges au quotidien. Sans même être conscientisés, la manière dont l’histoire a toujours trouvé des moyens de faire taire la parole des femmes et de corseter leur déploiement, leurs corps et leurs voix, fait partie intégrante de notre lecture du monde, d’autant que nous élevons chacune une jeune fille à la maison.

    Et à observer comme tous les acquis sont fragiles et peuvent se défaire, difficile de se taire et de ne pas être habitées par l’envie de faire bouger les lignes à notre hauteur pour proposer, à minima, un chemin vers une forme de liberté.

    Vous sentez-vous porteuses d’un message ou préférez-vous laisser parler la musique ?

    Notre plus grande joie serait de faire danser les gens, ivres de légèreté, avec pour seul message de vibrer haut et fort, tous ensemble. Mais l’actualité ne nous laisse pas vraiment le choix. Les raisons de s’indigner s’enchainent à une vitesse folle et cela impacte forcément nos textes. Nous créons des chansons comme des petites lanternes pour se rassurer dans l’obscurité.

    Il y a-t-il une artiste en particulier qui vous a donné envie d’oser ?

    Marie-Cécile : S’il y a bien 2 artistes féminines qui ont fait exploser ma conception de la scène et ouvert un portail magique dans mon esprit, ce sont les deux sœurs de Cocorosie, Bianca et Sierra, découvertes sur la scène du grand Rex en 2007. L’alliance du rap et du chant lyrique, les costumes, la folie, la poésie, l’audace. Tout était là. En une soirée, mon champ des possibles créatif s’est ouvert en grand. BIM, j’étais fascinée par leur liberté. Et puis bien sûr il y a toutes les autres : Björk, Pj Harvey, Fever Ray, Camille, Brigitte Fontaine…et maintenant Gildaa, merveilleuse artiste franco-brésilienne qui vient exploser les codes de la scène.

    Cora : Peaches est une personnalité qui m’a beaucoup interpellée, qui fend l’air en se mouvant comme elle le sent. Quitte à choquer. Mais on sent que ce qui la meut, n’est pas la provocation, mais plutôt une jubilation à sentir la vie traverser son corps, sa voix. Cette façon de chérir l’énergie sauvage et fertile, dans un carnaval un peu foutraque, me réjouis grandement ! Et puis aussi Vimala Pons, qui traverse les disciplines comme on entame un saut de haie. Et puis Brigitte Fontaine, et puis Björk, et puis Georges Sand, et puis Marguerite Duras, et puis, et puis… c’est génial, toutes ces femmes fabuleuses !

    Quel conseil donneriez-vous à une jeune musicienne corse qui hésite à se lancer ?

    Ne pas hésiter à multiplier les expériences, même bancales, sans attendre les validations extérieures. Faire les choses sérieusement, avec soin et persévérance mais ne jamais se prendre au sérieux. Et surtout, toujours aller vers sa joie.

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    Pierre-Michel
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